dimanche 23 décembre 2007
Le compostage industriel
Interview réalisée le 7 novembre 2007, avec Florence Amoudry, responsable de la communication au sein de la Compostière de Savoie.
Bonjour Florence, comment est née la Compostière de Savoie ?
Le site est né en 1998, à l’initiative d’un groupement d’agriculteurs, chapeauté par la famille Morand de Perrignier. Trois ans plus tard, la Compostière est entrée dans le groupe de la Lyonnaise des Eaux. Elle emploie aujourd’hui 20 personnes et étend son activité sur 3,3 hectares.
Quels sont ses différents domaines d’activité ?
En premier lieu, le compostage des déchets végétaux, les déchets verts, puis celui des boues d’épuration. Viennent ensuite diverses prestations techniques, allant de l’épandage du compost à l’aide de matériel spécifique, notamment en montagne, au transport de déchets, de boues et de compost. Nous organisons aussi des chantiers de déshydratation des boues d’épuration.
Quelles sont les quantités traitées annuellement ?
Nous traitons entre 36.000 et 42.000 tonnes de déchets verts par an ainsi que 15.000 tonnes de boues d’épuration urbaines. Tout est valorisé sous la forme d’un compost assimilable à du terreau.
Qui fait appel à la Compostière ?
Essentiellement les communes de la région, ainsi que les professionnels du paysage. Toute l’herbe, tous les déchets verts, récoltés par les communes ou les paysagistes, arrivent chez nous pour être broyés et transformés en compost. Sans oublier toutes les boues des stations d’épuration environnantes.
Est-ce qu’un particulier peut vous apporter l’herbe qu’il a tondue dans son jardin lui aussi ?
Bien sûr mais je lui conseillerais plutôt de se rendre vers la déchetterie la plus proche !! La compostière de Savoie est un site industriel, destiné en priorité au marché public et aux professionnels. Les déchets verts font ainsi l’objet d’un paiement à la tonne entrante… La déchetterie, elle, est d’un accès gratuit ! Mais rassurez-vous, votre herbe finira quand même chez nous un jour ou l’autre puisque nous allons régulièrement collecter les déchets verts entreposés dans les déchetteries !
Et comment ça marche ?
Après le broyage des déchets, l’ensemble est mis en andains. Ils font ensuite l’objet d’une fermentation aérée, sur une aire de compostage de 3200 m2, pendant 6 semaines. On passe ensuite au criblage puis à une période de maturation avant le stockage du compost dans l’attente de son utilisation.
Je vois sur votre site internet que le compost répond à différentes granulométries, de quoi s’agit-il ?
Selon la destination du compost, nous utilisons différents types de tamis pour obtenir la grosseur de grains voulue. C’est ce que l’on appelle l’opération de criblage. Avec les grains de 0 à 10 mm, le compost pourra être utilisé pour les surfaces planes comme les pelouses. De 10 à 20 mm, ce sera idéal pour les jardins. De 20 à 40 mm, le compost partira fertiliser les pentes de montagne, où les eaux de pluie auront plus de mal à l’emporter… L’objectif, dans ce cas, est la re-végétalisation des pistes de ski !!
Et à la sortie de la Compostière, qui peut bénéficier du compost ??
98% de notre production part pour une utilisation agricole. La livraison est d’ailleurs assurée gratuitement par nos services vers les exploitations intéressées. Les 2% restants concernent les paysagistes, qui souhaitent avoir du terreau de bonne facture pour leur activité. Des particuliers peuvent aussi venir chercher du compost à Perrignier, mais attention, toujours en vrac !
Merci Florence, pour toutes ces infos, et bonne continuation !!... Et merci aussi, pour les plaquettes de présentation de la Compostière que nous allons mettre en ligne sur notre blog !
vendredi 21 décembre 2007
Le compostage à domicile !
Chose promise en page 23 de l'Eterlou n°3, chose dûe !... L'élevage des petits vers en appartement est possible avec des systèmes artisanaux mais si vous n'êtes pas bricoleur, vous pouvez aussi faire appel à du matériel de pro avec le Can-o-Worms !!...
"Avec ce lombricomposteur, vous pouvez recycler jusqu'à 50% de votre poubelle chaque jour !
Les vers de compost mangent jusqu'à la moitié de leur poids par jour et ils rejettent 1/3 de leur nourriture sous forme d'une terre riche et fertile, appelée turricule (ou tourrillons)que tous les types de végétation adorent ! C'est le lombricompost.
Avec le Can-O-Worms, récoltez jusqu'à 45 litres de lombricompost en 6 mois !
Grâce au robinet, vous pouvez aussi récolter jusqu'à 15cl/jour d'un engrais liquide concentré tout aussi riche et fertile (équivalant à 1,5 litre).
Le lombricomposteur Can-o-Worms est livré avec :
- 500g de vers de compost (environ 1000 vers)
Vous pouvez ainsi recycler jusqu'à 250g de déchets chaque jour.
- Un tapis d'humidification pour protéger de la lumière et garder l'humidité.
- Un block de litière en fibre de coco pour installer les vers.
- 4kg d'un mélange chaulé qui aide à garder le pH neutre à l'intérieur de la Ferme à vers.
- 2kg de Vita'Vers, un mélange spécial à base de céréales qui aide à l'acclimmatation des vers.
- Un manuel d'entretien clair et illustré, qui plaira aux enfants."
Bon, c'est sûr, le matériel a son prix... 179 euros pour une famille jusqu'à 3 personnes et 199 euros pour gérer les déchets jusqu'à 6 personnes...
Pour davantage d'infos, rendez-vous sur le site de Vers la Terre !!
Freecycle... le troc par internet...
Nous l'avons évoqué en page 17 de l'Eterlou n°3... Le troc par internet, ça fonctionne !!... Plus de 4 millions de personnes dans le monde, réparties en 4201 groupes, l'ont déjà adopté !!

" Les groupes Freecycle mettent en relation des personnes qui souhaitent se débarrasser d'objets qui les encombrent avec des personnes qui en ont besoin. Notre but est de libérer les espaces naturels d'objets abandonnés bien qu'encore utiles.
En utilisant ce que nous avons déjà sur cette planète, nous réduisons le consumérisme à outrance, la production de masse, et en réduisons l'impact nocif sur la planète. Un autre avantage à utiliser Freecycle est qu'il nous incite à nous défaire d'acquisitions compulsives dont nous n'avons plus usage et encourage chacun à adopter une attitude communautaire."
Pour en savoir plus et même, pour adhérer à une communauté près de chez vous, cliquez par ici !!... Le plus proche de nos montagnes savoyardes se situe à Chambéry...
Et pour voir la répartition des groupes en France, pas de souci, cliquez ici !!
Recycleries et ressourceries
Pour tout savoir des recycleries et des ressourceries en France, cliquez ici !!... Vous saurez tout !!...
... Et bientôt sur nore blog, l'interview d'Emmaüs à Thonon !!...
A Châtel, les déchets s'exilent en Suisse !!
Comme promis dans notre numéro 3 de l'Eterlou, retrouvez en ligne deux pages inédites relatives au traitement particulier que la commune de Châtel réserve à ses déchets !...
Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nos reporters sont partis à la chasse aux interviews et nous ont ramenés quelques mots d'intervenants communaux concernés par la collecte des ordures.
Mathieu Van der Biest tout d'abord... Le directeur des services techniques à Châtel et un élu de la commune suisse de Morgins, qui nous explique le fonctionnement de la collecte de déchets de l'autre côté de la frontière...
Mairie de Châtel :
Interview de Mathieu Van der Biest, directeur des services techniques de la commune de Châtel.
Bonjour Mathieu, explique-nous la manière originale dont vous traitez les ordures à Châtel
Les ordures ménagères sont exportées en Suisse, dans la ville de Monthey, sur le site d’incinération de la SATOM. On y transfère les ordures ménagères, les encombrants mais aussi le bois, même si celui-ci est considéré comme un déchet extra ménager. A part les ordures ménagères, collectées au porte à porte, les autres types de déchets se retrouvent à la déchetterie par apport volontaire.
La fréquentation touristique fait culminer la production annuelle à 1430 kg pour chaque habitant de Châtel, alors que la moyenne nationale est à 354 kg !
On atteint pour la commune 1400 tonnes annuelles. Face à la profusion de déchets, on essaie de demander à chaque habitant de faire de l’apport volontaire à la déchetterie. Outre la réduction des déchets dans les poubelles, les filières de recyclage et le traitement des déchets ménagers nous reviennent moins cher que le traitement des ordures. Donc tout ce que l'on ne met pas dans la poubelle et qu’on l’apporte à la déchetterie engendre un moindre coût pour la commune.
Le tri sélectif fonctionne bien ? :
Ca marche de mieux en mieux, oui, les tonnages sont en constante évolution.
Les taxes sur les déchets pour l’exportation en Suisse ? :
L'essentiel de la fiscalité à l'exportation des déchets concerne les taxes douanières à l'entrée en Suisse.
Est il prévu de mettre en place une taxation comme en Suisse ? :
Pour l’instant non. Ce qu’on peu faire pour l’instant c’est améliorer le tri sélectif avec le tri des plastiques. Pour le plastique on a essayé de mettre en place des molochs comme face à la maison châtellane. Suite à l'apport volontaire de proximité, le tout est ensuite transféré à la déchetterie. Donc là on prend le carton et le verre. C’est donc la mairie qui se charge de poser ses bacs et il me semble qu’il y en a eu un de mis du côté du petit Châtel...
Et pour le ramassage et le recyclage ? :
La commune a signé des contrats avec un prestataire qui se charge du transport des ordures ménagères, l’entreprise Rubin Joël. En ce qui concerne les ordures ménagères, il vient les prendre en charge à la déchetterie après une opération de compactage par nos services. Une fois mis en containers, ils partent ensuite vers la SATOM, à Monthey, pour incinération. Le carton et le verre font l'objet d'un traitement à part. Collectées par le même transporteur, chargé de trouver les filières de recyclage ad hoc, ces deux catégories de déchets sont pris en charge en France. A Bons-en-Chablais par la Société Icare pour le verre et à Thonon par la société Ortec pour le carton. Quant aux déchets verts, le traitement est assuré par la Compostière de Savoie , à Perrignier.
La commune met en place la filière des DEEE. Vous savez qu'aujourd'hui, à chaque achat d'un appareil de gros ou de petit électro-ménager, vous payez une taxe que l'on nomme l'éco-participation afin d'assurer la prise en charge des appareils en fin de vie. La commune va mettre en place la récupération de ces DEEE à la déchetterie. L'essentiel est de limiter la présence des DEEE dans les ordures ménagères et les déchets en trouvant les bonnes solutions de recyclage.
Opérationnel à partir de quand ? :
Dès maintenant ! On devait stocker un certain nombre d’éléments, d’appareils avant qu’on nous livre les containers, mais nous on voudrait d’abord les containers donc ils devraient arriver en fin de mois (de novembre 2007) à la déchetterie.
Et qu’est-ce que la commune pourrait faire pour inciter les gens au tri sélectif ? :
On a déjà fait une petite plaquette, on a bien dit qu’il y avait des milliers d’exemplaire disponibles à la mairie de Châtel pour mettre dans les appartements mais ça n’a pas fonctionné. Quant à la population touristique, Les comportements varient selon les cas. Si la personne vient d'une commune très concernée par le recyclage, elle ne perdra pas ses bonnes habitudes en station. A l'inverse, on remarque que les touristes étrangers se soucient peu de savoir où se situe le container à verre le plus proche !
La commune ne pourrait-elle pas mettre en place un tri à la source en donnant des sacs de différentes couleurs pour trier ses déchets à la base ? :
Le projet pourrait être réalisable en inter-saison mais pas à la saison touristique. Cela induirait un système de ramassage par jour pour le carton, un jour pour le plastique... je pense qu’on va tout trouver en bord de route.
Et au niveau du tri sélectif, ne peut-on pas améliorer la communication pour inciter les gens à faire plus d’efforts ? :
Lors d'une réunion avec le Conseil Général, le sujet avait été longuement abordé avec un souci permanent de communiquer avec les administrés, particuliers ou professionnels. J’ai ensuite fait le tour des Syndic pour proposer d’afficher la plaquette du tri dans chaque bâtiment. Certains l’ont fait, d’autre pas. On peut aussi en proposer aux hébergeurs pour les mettre en évidence dans leurs locations.
La mairie pourrait également faire passer un message durant le pot d’accueil le lundi, ça ne coûte rien ?
Oui on peut voir ça avec l’office.
Merci Mathieu et à bientôt dans les alpages !!
Enfin, nous sommes allés rencontrer un élu suisse pour nous expliquer le fonctionnement de la collecte de déchets par chez eux...
Parlez-nous des taxes sur les déchets. Quels en sont les avantages et les inconvénients ?
Vous savez l’avantage des taxes, c’est pas un avantage c’est qu’elles doivent être payées parce c’est un service qui dit être normalement autofinancé c’est tout.
Et puis nous on met à disposition une déchetterie, ramassage des ordures, voilà.
La commune dispose d’un tri sélectif ? :
Oui à la déchetterie on a un tri sélectif, et des bacs de tri.
Comment fonctionnent ces taxes, comment sont-elles prélevées ? :
Ce sont des taxes qui sont facturées par ménage, pour tout le monde par ailleurs mais il y a différents règlements sur les différentes communes, d’après le nombre de personnes qui occupent la commune. Ici on a une taxe forfaitaire.
L'Eterlou chez ORTEC
Interview de Jean-Pierre Chessel, Chef d’agence adjoint ORTEC de Thonon, le 15 Novembre 2007 à ORTEC Thonon, site de tri. Et n'hésitez pas à vous rendre sur le site d'Ortec en cliquant ici !
Quelles sont les activités du groupe ORTEC ?
On est connu à la base pour l’assainissement. Il y a aussi la collecte, le transport et le tri des déchets. Nous sommes vraiment leader dans le nettoyage industriel en France. C'est-à-dire les raffineries principalement, pour des missions de transport de boues, de transport de pâteux et de nettoyage haute-pression. Sur nos 4000 agences, nous en avons 1000 qui travaillent aussi avec les centrales nucléaires pour la maintenance des tuyauteries, la chaudronnerie et de l’ingeniering (études de systèmes et calculs).
On fait aussi beaucoup de contrat Global Services. Le client ne s’occupe que de sa production. Il ne gère plus la partie logistique, les matières premières, l’énergie, l’évacuation du produit fini, le secrétariat, la gestion du personnel, … Il n’a donc qu’un sous-traitant et se concentre essentiellement sur le processus de sa production. Par exemple, nous avons un contrat avec la SNECMA Paris (moteur de fusée) de Global Service Environnement. Bref, tout ce qui touche à la norme ISO 14001.
Vous faites des mises en place de norme ISO 14001 aussi ?
Oui bien sur.
Et sur Thonon, êtes-vous certifiés ?
On est un peu en retard. Cela fait longtemps qu’on est ISO 9001. Depuis 5 ans, on est en démarche ISO 14001. En fait, on a plus manqué de temps que d’argent dans un premier temps. Et puis, nous sommes en train de nous créer une bible rassemblant toutes les actions que nous devons mener pour accéder à la certification. Cette norme s’applique sur tout et demande beaucoup de démarches différentes. Dans ce but, on se fixe des nouveaux objectifs environnementaux chaque année. C’est pour nous un atout en interne pour la norme mais aussi pour discuter avec les clients. Nous gérons ainsi toutes nos consommations d’eau, de gaz, d’électricité, …
Quelle est la politique de gestion des déchets et de l’énergie ?
On a la démarche de ne pas gaspiller et d’économiser de puis le départ. C’est un peu notre éducation. Le leitmotiv retenu pour la conception et la fabrication du centre de tri, c’était la transformation de l’énergie. Par exemple, on est le seul centre de tri où les tapis n’avancent pas en continu.
La consommation du centre est plus basse qu’une entreprise avec 4 bureaux. Pourquoi ? Parce qu’en fait on fonctionne par séquences. On charge la table, on arrête le tapis et on trie la table. Ca résume bien notre philosophie. On n’a pas une usine à gaz !
C’est un peu ce qui se dessine aujourd’hui si, dans quelques années, c’était plus intéressant de dépenser de l’énergie électrique que d’avoir de la main d’œuvre. Ce qui nous a intéressé au départ, c’était le côté humain du système et aussi de dépenser le moins possible d’énergie. C’est une démarche dans nos achats. La consommation énergétique fait partie du cahier des charges. Par exemple, les camions n’ont pas plus de 270 ch. C’est 4-5 % de consommation en moins … Côté éclairage, on va peut-être passer des néons aux ampoules basse-tensions. On mène des études sur du solaire …
Nous cherchons à diminuer les consommations d’énergie et d’eau par des nouveaux systèmes. Par exemple, la mise en place d’une station de carburant à l’agence nous a permis de réduire de 5% notre consommation de carburant des camions et autres véhicules. Nous réfléchissons à l’eau actuellement car nous en utilisons de la potable pour laver les camions, curer les réseaux d’eaux usées, … On est donc sur 2 projets actuellement. Le premier fonctionne mais ne fournit pas assez : on récupère chez les clients leurs déchets liquides que l’on retraite. Le second projet est un projet de forage pour récupérer l’eau du sol.
Une autre mesure sur les transports est d’optimiser ceux-ci. On ne va pas chercher des déchets sur Annecy car c’est trop loin. Nous nous donnons un rayon d’action de 30 km. Cela fait moins de déplacements. Pour des raisons économique et écologique, il est important de traiter les déchets à proximité de leur lieu de production. Nous avons donc une agence tous les 30 km quand il n’y a pas d’autres prestataires sur place pour les déchets. Les autres agences du département vont ainsi faire de l’assainissement, de l’hygiène et du nettoyage industriel.
L’agence de Thonon trie les déchets de tout le Chablais. Ca représente combien de ménages ?
On trie à peu près l’équivalent de 100000 habitants (15% du département). Le reste est fait par 2 autres entreprises (Ex :Excofier) . Ortec est le plus gros prestataire environnement en Haute-Savoie avec 120 employés. Excofier est le plus gros prestataire de récolte et tri avec 70 employés que pour le déchet solide et brasse 2 à 3 fois plus de tonnage de déchets. La différence est qu’il est en mono activité et se développe sur une région. A Ortec, nous nous développons sur une zone d’activité. C’est la grosse différence avec tous nos autres concurrents. Nous ne voulons pas rester figé sur une seule activité.
Donc une entreprise comme Excofier est condamnée à agrandir sa zone géographique pour continuer à se développer !
Tout à fait. Le développement est le lot de toutes les entreprises pour survivre. Dans l’environnement, le volume d’activité est expansif et chacun se développe dans une nouvelle niche. Nous passons actuellement ce virage car tous les volumes sont sortis de l’eau, que ce soit hygiène, assainissement, nettoyage, tri, etc … Il n’y aura pas plus de déchets en 2008 que ce soit industriel ou de ménage. En Haute-Savoie, le gâteau se partage donc entre une vingtaine d’entreprises environnement-déchet. Ceux qui se sont bien organisés vont continuer de se développer mais en empiétant sur les autres. Celui qui est bien tranquille dans son coin et qui n’a pas l’habitude d’être réactif et performant avec un système en place bien établi, risque de ne pas pouvoir faire le virage. Jusqu’à maintenant, nous étions dans une phase de croissance du volume de déchets. Donc tout le monde y trouvait son compte ! Aujourd’hui le travail vient à nous. Bientôt, il faudra aller le chercher !
Quelle est la proportion de déchets industriels et de déchets ménagers ?
A peu près 50-50. De toute façon les deux se suivent car l’un produit pour l’autre et le second consomme ces produits. Chaque habitant produit, en poubelle, en moyenne 400 kg de déchets par an, hors déchetterie, compost, etc ... Si on compte tout, on arrive vite à 800-900 kg. C’est plus dur à savoir pour les coins touristiques car la population n’y est pas stable. Thonon est une bonne base car on y a tout le temps 30000 habitants.
Et que deviennent les déchets en sortant du centre ?
Les matériaux triés sont mis en balles homogènes avec une presse hydraulique de 60 tonnes. Les balles sont ensuite stockées puis évacuées chez les recycleurs industriels qui les utilisent comme matière première. Il faut savoir que ce sont les recycleurs qui font que l’on trie tel ou tel matériau. Hé oui, on ne va pas trier un déchet s’il n’est pas recyclable d’une manière ou d’une autre. Plus le temps passe et plus les chercheurs trouvent des moyens et des idées de recyclages. C’est comme ça que de moins en moins de déchets partent en incinération. C’est pour les besoins du tri que les bouteilles en plastiques ont reçu un bouchon dans le même genre de plastique, par exemple.
Existe-t-il des études pour les zones particulières comme les zones touristiques, pour quantifier la quantité de déchets en saison haute et en saison basse?
Actuellement, tout le monde fait des études. Le problème, ce n’est pas qu’elles n’aboutissent pas mais que les résultats ne sont pas encore partagés. Et du coup, il y a des moyennes nationales mais pas à l’échelle de la Haute-Savoie. Nous, on organise des réunions de travail une fois par an avec les collectivités pour faire une vue d’ensemble. C’est voir ce qu’on fait nous tous localement et ce que ça donne. On peut ainsi faire des ratios par collectivité sur les rendements. On s’aperçoit, qu’à type de population égale, on a des fluctuations importantes, par collectivité, de la quantité de déchets.
C’est une différence d’ORTEC par rapport à la concurrence. Tout le monde est capable de mettre une benne et de la changer. Trier les déchets, il faut des outils et une certaine organisation en plus. Par contre après, ce qui est intéressant pour nous, c’est le reporting de l’analyse. Il s’agit bien d’une volonté d’ORTEC car cela demande d’être structuré pour le faire. Cela nous permet de faire évoluer les collectivités en étant pertinent sur les organisations qu’on y met en place. Chaque commune a des systèmes de collecte et d’évacuation différents. Certains veulent être en porte à porte, d’autres en apport volontaire, etc … Les communes, qui ont déjà mis en place un système, ne vont pas tout remplacer. Ces réunions de travail leur permettent de se situer par rapport aux autres. On essaie d’être moteur en orientant tout ce monde. L’idée et l’objectif et de ramener les hauts ratios aux niveaux des bas ratios.
Ca devient compliqué car on tombe sur les querelles politiques. Pourquoi les communes ne trient pas toute de la même façon localement ? Parce qu’historiquement Thonon a été la première commune à mettre en place des poubelles bleues et jaunes de tri sélectif. Les autres communes ont dits « ok on le fait » mais on ne veut pas de poubelles bleues et jaunes ! Les déchets ont toujours été un sujet sensible car c’est au quotidien que ça se collecte et qu’absolument tout le monde est concerné. C’est assez médiatique ! Au niveau du déchet, les élus attachent une importance à avoir une petite touche de différence entre les communes. Pour nous, ça nous complique la gestion. L’idéal est un système commun à toutes les communes. On y arrive tout de même grâce au principe de l’entonnoir. Les communes se regroupent en communautés de communes pour avoir des aides ;
les communautés de communes se regroupent en communautés d’agglomération pour avoir des aides aussi. Cela permet d’avoir la même organisation, pas qu’au niveau déchet mais aussi pour les hôpitaux, le trafic routier, les gares, les bus, les crèches, … C’est une bonne chose mais ça prend du temps à se mettre en place. Nous, au niveau des déchets, on a ouvert le centre de tri, en 1997. Les premières collectivités datent de 1999. On a donc investi dans un outil de production qui ne nous a servi que 2 ans après. La loi date de 1994. Thonon a mis en place son tri sélectif 5 ans après, en 1999, et Evian 12 ans plus tard, en 2006. Châtel y est passé assez tôt en 2000-2001 mais ce n’est pas encore ça …
C’est laborieux tout ça, non ?
C’est long, mais c’est le temps qu’il faut pour que les choses se mettent en place. Encore 5-6 ans … Quand il y a des solutions miracles, c’est rare qu’elles tiennent longtemps. Les solutions d’aujourd’hui ont été réfléchies longuement car elles demandent de l’argent, des investissements, de la communication, …
Et donc au niveau du Grenelle ?
Je ne l’ai pas encore lu parce que c’est des choses qui vont mettre un bout de temps, pas forcément en années mais en mois, pour qu’il y ait une déclinaison qui se fasse en terme de règlementation.
Merci Jean-Pierre et bonne continuation !!...
... Et retrouvez quelques éléments sur le fonctionnement d'Ortec avec la plaquette d'infos transmise par Jean-Pierre...









